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Foire aux moutons

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OTOuessant

Foire aux moutons

Foire aux moutons

Chaque automne, la foire aux moutons perpétue l’une des traditions les plus emblématiques d’Ouessant. Héritée de la pratique de la vaine pâture, elle témoigne du lien étroit qui unit les habitants à leur territoire, à leurs troupeaux et aux paysages de l’île. Bien plus qu’un simple rassemblement agricole, cet événement est un véritable patrimoine vivant où se mêlent savoir-faire, convivialité et transmission des traditions ouessantines.

La vaine pâture, une tradition toujours vivante

Ouessant perpétue encore aujourd’hui la pratique ancestrale de la vaine pâture, héritée d’un mode de gestion collectif des espaces de pâturage. Chaque année, de la Saint-Michel à la fin du mois de septembre jusqu’au premier mercredi de février, les moutons évoluent librement sur une grande partie de l’île. Cette organisation, profondément ancrée dans les traditions locales, témoigne de la relation étroite qui unit les habitants à leur environnement et à leurs troupeaux.

Le premier mercredi de février marque la célèbre foire aux moutons. Les animaux sont alors regroupés dans un grand parc, près de la Salle Polyvalente, afin que chaque propriétaire puisse retrouver son cheptel grâce aux marques distinctives réalisées sur les animaux. Après cette journée de rassemblement, les moutons sont traditionnellement attachés deux par deux jusqu’à la fin de l’été. Cette pratique permettait autrefois de protéger les cultures et de ne pas gêner les moissons. Pour s’abriter des vents souvent puissants de l’île, les troupeaux trouvent refuge le long des murets de pierre ou dans les gwasked, ces abris de forme étoilée caractéristiques du paysage ouessantin. Avec près de 300 moutons présents aujourd’hui sur l’île, cette tradition continue de participer à l’entretien des landes et à la préservation d’un patrimoine vivant unique en Bretagne.

Le mouton d'Ouessant, une race emblématique de l'île

Pendant des siècles, le mouton d’Ouessant a fait partie intégrante du paysage et de la vie quotidienne des habitants. Cette race rustique se distinguait par sa petite taille, ne dépassant généralement pas 50 centimètres au garrot pour un poids d’environ 15 kilogrammes. Souvent de couleur noire, parfaitement adaptée aux conditions climatiques de l’île, elle constituait un élément essentiel de l’élevage local. Au fil du XXᵉ siècle, la race originelle a toutefois progressivement disparu sous l’effet des croisements avec des animaux venus du continent. Parmi les événements ayant contribué à cette évolution figure notamment le naufrage du Myconos en 1936, dont la cargaison comprenait des moutons mérinos qui furent récupérés sur l’île.

Aujourd’hui, le mouton d’Ouessant est devenu une race reconnue et préservée dans plusieurs élevages, mais il n’est plus représenté sur l’île sous sa forme originelle. Il reste néanmoins un symbole fort du patrimoine ouessantin et du lien historique entre les habitants et leur territoire.

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