Une histoire née d'un naufrage
L’histoire du phare de la Jument trouve son origine dans un événement dramatique. En 1878, Charles-Eugène Potron échappe de justesse à un naufrage dans les eaux redoutées qui entourent Ouessant. Profondément marqué par cette expérience et conscient des dangers auxquels sont confrontés les marins dans ce secteur, il décide de consacrer une partie de sa fortune à l’amélioration de la sécurité maritime. À sa mort, il lègue 400 000 francs or à l’État, à condition qu’un phare soit construit dans un délai de sept ans. Ce geste exceptionnel permet de lancer un projet ambitieux destiné à protéger les navires empruntant les routes maritimes de la mer d’Iroise, parmi les plus fréquentées et les plus exigeantes d’Europe.
Le chantier débute en 1904 sur le rocher Ar Gazek-Koz, dont le nom signifie « la vieille jument » en breton. Après plusieurs années de travaux particulièrement complexes, le phare est mis en service en 1911. Dressé face à l’océan sur son récif isolé, il devient alors l’une des nouvelles sentinelles chargées de sécuriser l’approche d’Ouessant et de guider les marins dans une zone réputée pour ses courants, ses récifs et ses tempêtes.
Plus d’un siècle après son inauguration, la Jument demeure le symbole d’une volonté humaine née d’un drame, transformée en un ouvrage exceptionnel au service de la sécurité en mer.















